Accompagnement,  Podcast

Un verre avec Nolwenn @chroniqueduneeducatrice

« On laisse tous une part de soi à l’hôpital. »

 

Ecouter la rencontre avec Nolwenn
(lien vers le podcast)

 

Un service hospitalier particulier

 

Ce mois-ci, je suis allée à la rencontre de Nolwenn dans un service hospitalier bien particulier : le service d’hématologie pédiatrique de l’hôpital Robert Debré. Ce service accueille des enfants de 0 à 18 ans atteints de maladies du sang, notamment la leucémie, la drépanocytose ou autre maladie grave.

 

Un seule éducatrice

Avec Nolwenn, nous nous sommes rencontrées dans un petit coin du service, où elle partage son bureau avec les enseignants qui interviennent auprès des enfants. Quand je l’interroge sur son rôle Nolwenn est claire :

« Mon rôle ? c’est de faire en sorte que les enfants restent des enfants. »

… au delà du diagnostic, de la maladie, de la souffrance. L’hospitalisation est une parenthèse qui peut durer longtemps et Nolwenn veille sur le développement des petits de 0 à 3 ans. Elle joue, lit, écoute de la musique. Elle fait du lien avec les parents, pour qui elle et son équipe, ont des attentions particulières.

On ne badine pas dans ce service car les chambres sont stériles, notamment celles des greffes. Les praticiens mettent des équipements particuliers et surtout le matériel utilisé pour le jeu est désinfecté après chaque utilisation.

 

 

Ce que j’ai envie de retenir de cette rencontre :

 

  • Nolwenn est pétillante, elle est passionnée. Sa présence à l’hôpital répond à une vocation qu’elle a senti très rapidement pendant ces études. Sa place est là au coeur de l’hôpital dans un service où les maladies les plus graves sont traitées.

 

  • Quand je lui demande pourquoi elle trouve son métier enrichissant, Nolwenn répond que la maladie touche tous les univers, toutes les origines, elle ne fait aucune différence. Donc elle peut participer aux soins au même moment d’un enfant vivant en bidonville et d’un autre issu d’un milieu très aisé. Elle s’adapte à ces univers et aux familles.
Tout le monde laisse une part de soi à l’hôpital. Que tu sois enfant, parent ou soignant, on laisse tous une part de nous qui va enrichir l’autre.

 

  • Les questions de souffrance, de la mort, de la maladie, du deuil sont présentes en permanence. Cela n’empêche pas les rencontres, l’attachement, la relation. D’ailleurs cela rend tout ça certainement plus intense, plus vrai. Il y a des deuils qui se font plus rapidement que d’autres, il y a des ruptures de liens dont on ne se remet pas.

 

« Ma sensibilité, j’ai appris à en faire une force. »

 

 

  • Nolwenn a une réponse à la question : La sensibilité est-elle une force ou une faiblesse ?
    « Ma sensibilité j’ai appris à en faire une force. Pour travailler dans ce milieu, et dans des milieux où on rencontre des situations graves, où il y a des enjeux derrière, il faut être sensible. C’est ce qui me permet d’avancer et de trouver du sens dans mon travail, mes pratiques et ma relation à l’autre. Même si il y a des moments parfois ça me joue des tours. Tout va bien. Et de retour à la maison, je m’effondre en larmes. »

    Elle sait qu’elle a du mal à couper, qu’elle pense aux enfants et aux parents même une fois le badge reposé. Elle « emmène » les situations avec elle en vacances et en week-end : « comment va cet enfant qui n’était pas bien ? » Mais elle décide d’apprendre avec ça plutôt que vouloir absolument faire autrement, être une autre et couper sec. D’ailleurs Nolwenn a essayé de couper et quand elle est revenue dans le réel, il a été plus violent.

 

Prendre soin des autres et prendre soin de soi tout un chemin !

 

  • Avec une certaine dérision, Nolwenn rigole d’elle-même en disant qu’elle n’a aucun problème pour prendre soin des autres, mais que prendre soin de soi est une autre paire de manches !
Le prendre soin je le fais ! Avec les autres ! pas toujours avec moi !

Cependant, au fur et à mesure du temps qui passe et des expériences qui s’ancrent. Nolwenn a plusieurs espaces qui l’aident à tenir et à avancer. Le premier c’est l’écriture, le second son compte Instagram où elle va partager ses expériences, le troisième le travail thérapeutique pour elle-même (dont elle dit que cela devrait être un pré-requis pour les éducateurs) et enfin les moments ressourçants avec ses proches.

 

 

Pour suivre Nolwenn et ses tribulations, rendez-vous sur son compte instagram : @chroniqueduneeducatrice !

Ecouter la rencontre avec Nolwenn

 

Il y a des rencontres qui ne laissent pas indifférents !

Celle-ci en fait partie !

Toutes les deux, nous parlons 

soins,
du travail social,
et liens


avec une forme de légèreté qui n’est pas dénuée de profondeur et de professionnalisme,

bien loin de là !

 

Merci Nolwenn !

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